23 janvier 2009

Ils refusent l'expulsion, Sud Ouest

a11dea5f84Des militants appartenant à plusieurs mouvements (RESF, Amnesty International, Le Cri, l'Institut de défense des étrangers, etc.) s'étaient donné rendez-vous hier matin au tribunal administratif de Bordeaux. Ils entendaient défendre la cause d'une famille géorgienne menacée d'expulsion et réfugiée au centre d'accueil pour demandeurs d'asile (Cada) de Bergerac.

Ces militants étaient venus soutenir un autre militant : Nugzar Sulashvili, ancien avocat, engagé dans son pays contre la traite des femmes destinées à la prostitution, et se disant victime de persécutions.

Le juriste de Tbilissi et son épouse, âgés d'une quarantaine d'années, ont déposé chacun une requête afin d'obtenir l'annulation d'une obligation de quitter le territoire français, signée par le préfet de la Dordogne le 15 octobre 2008. Ils demandent à bénéficier d'un titre de séjour « pour vivre en sécurité en France ».

Asile politique refusé

Les Sulashvili sont arrivés à Paris le 24 décembre 2004 avec leur fille Salomé, alors âgée de 12 ans, aujourd'hui élève du collège de l'Alba. Depuis, ils ont eu un second enfant et ont tenté, en vain, d'obtenir le statut de réfugiés politiques. Très inquiets à l'idée de devoir rentrer dans leur pays, ils ont refusé les 5 500 euros que leur proposait la France pour s'envoler vers l'ex-URSS.

Leur avocat parisien, Me Gilles Piquois, est revenu hier sur les menaces dont ils ont été la cible, en Géorgie, avant de fuir. Salomé aurait même été victime d'une tentative d'enlèvement, un événement retracé, selon lui, dans un document signé du rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Géorgie. Me Piquois a indiqué que l'écrit était versé au dossier.

Autre argument de poids : le témoignage, hier à l'audience, de Malka Marcovich, représentante européenne de la Coalition contre la traite des femmes, grande ONG internationale. Cette militante était venue de Paris pour expliquer au tribunal que son mouvement finançait toujours, par le biais de fonds norvégiens, l'ONG (FCRS) créée en Géorgie par Nugzar Sulashvili.

« Douter de sa probité revient à douter de notre travail », a lancé Mme Marcovich.

Elle faisait ainsi référence à des déclarations glanées par les policiers français en Géorgie, présentant l'ancien avocat comme un membre de la mafia alors qu'il a lui-même dénoncé les dérives de ceux qui tirent profit de la prostitution.

Locaux incendiés

« Vous connaissez beaucoup de mafieux qui vivent dans un centre d'accueil pour demandeurs d'asile ? Généralement, ils achètent des appartements sur la Côte d'Azur », a ironisé l'avocat, persuadé que la Géorgie veut faire taire son client.

Malka Marcovich a affirmé qu'elle avait constaté sur place l'action menée par FCRS en Géorgie, alors que des éléments du dossier la présentent comme dissoute. Selon Me Piquois, les bureaux de cette ONG, dirigée à présent par le frère de Nugzar Sulashvili, auraient été récemment incendiés.

Le commissaire du gouvernement a demandé le rejet des requêtes déposées par les époux Sulashvili, estimant que les pièces fournies par la défense n'étaient « pas suffisamment convaincantes, trop imprécises ». La décision a été mise en délibéré.

Auteur : christine morice

Posté par Malka Marcovich à 09:37 - - Permalien [#]
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