23 mars 2009

Du grain à moudre, par Brice Couturier et Julie Clarini France Culture

Faut-il boycotter DURBAN II ? sur
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/grain/fiche.php?diffusion_id=71997

Y aller ou pas ? La première conférence mondiale de l’ONU contre le racisme de 2001 n’a pas laissé que de bons souvenirs aux gouvernements occidentaux. Outre qu’elle s’est conclue symboliquement deux jours avant le 11 septembre, elle avait donné lieu à des orgies d’antisémitisme. « Orchestrée par les islamistes », selon certains témoins – Caroline Fourest que nous recevons ce soir, dans « La tentation obscurantiste » - elle avait tourné à la dénonciation d’un seul pays, Israël. Des Etats qui appliquent la lapidation des femmes adultères et la pendaison des homosexuels avaient dénoncé « les violations des droits de l’homme », commises en Europe. Des Etats qui, de nos jours, pratiquent l’esclavage, avaient exigé des réparations pour la seule traite transatlantique. Des Etats qui persécutent chez eux les minorités religieuses prétendaient nous donner des leçons de tolérance – envers l’islam.
Du 20 au 24 avril doit se tenir, à Genève, une suite à cette conférence. Plusieurs pays ont annoncé leur intention de la boycotter. Le Canada, Israël, les Etats-Unis, l’Italie et l’Allemagne. Et la France ? Doit-elle se rendre sur place pour tenter de rééquilibrer les conclusions du processus dans un sens moins systématiquement hostile à sa propre conception de la laïcité ? C’est ce que recommande la Secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, Rama Yade, ainsi que des personnalités telles que Caroline Fourest et Jean Daniel. Notre pays doit-il au contraire boycotter purement et simplement une conférence dont le Comité préparatoire est présidé par la Lybie ? C’est la position défendue par Bernard-Henri Lévy, Bertrand Delanoë, Claude Goasguen. On remarque que la franc-maçonnerie est divisée sur le sujet. Si le Grand Orient de France appelle au boycott, ce n’est pas le cas de la Grande Loge de France, même si elle « dénonce la caractère inacceptable du projet ».
Oui, faut-il aller à Genève pour tenter d’infléchir le texte final afin de dégager une définition du racisme et des droits de l’homme qui soit réellement commune à l’ensemble des cultures de la planète, ou faut-il se résigner à juger cette tentative actuellement impossible ?




Invités

Caroline Fourest.  Journaliste (Charlie Hebdo, Le Monde)
Rédactrice en chef de ProChoix
Chroniqueuse aux Matins de France Culture (tous les jeudis)

Malka Marcovich.  Historienne
Consultante internationale en droits humains et droits de la femme

Denis Sieffert.  Rédacteur en chef de Politis

Gianfranco Fattorini (au téléphone depuis Génève).  Représentant du MRAP auprès des Nations Unies à Genève

Posté par Malka Marcovich à 21:48 - - Permalien [#]
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